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Ouvrir une épicerie qui vend de l'alcool : les règles

Mis à jour le 25 octobre 20266 min de lecture

Pour vendre du vin, de la bière ou des spiritueux dans une épicerie, il faut une licence à emporter, déclarée en mairie au moins 15 jours avant l'ouverture. Trois séries de règles s'appliquent ensuite chaque jour : les horaires de vente fixés par la loi et par la commune, l'interdiction de vendre aux mineurs avec son affiche, et la mise en vente d'éthylotests.

L'essentiel

  • Vin, bière et cidre seulement : petite licence à emporter. Avec des spiritueux : licence à emporter.
  • La déclaration se fait en mairie au moins 15 jours avant d'ouvrir ou de reprendre l'épicerie.
  • Le maire peut interdire la vente d'alcool à emporter sur une plage horaire comprise entre 20 heures et 8 heures.
  • Aucune vente aux mineurs : la personne en caisse doit exiger une preuve de majorité.
  • Une affiche réglementaire près des rayons d'alcool et aux caisses, et des éthylotests en vente.
Une épicerie de quartier lumineuse, cageots de légumes devant un rayon de vins

La licence qu'il vous faut

Une épicerie ne sert pas à boire : elle vend des bouteilles qui quittent le magasin. Elle relève donc des licences à emporter de l'article L. 3331-3 du code de la santé publique, et non des licences III ou IV des cafés :

La démarche est la même pour les deux : le cerfa 11542 déposé en mairie, ou à la préfecture de police à Paris, au moins 15 jours avant d'ouvrir, contre un récépissé qui justifie de la licence. Vous reprenez une épicerie ? Il n'y a pas de licence à racheter, car les quotas et les zones protégées ne visent que les débits à consommer sur place, mais le changement de propriétaire ou de gérant se déclare dans le même délai (article L. 3332-4-1). Ouvrir sans déclaration est puni de 3 750 euros d'amende.

Le permis d'exploitation n'est pas exigé tant que l'épicerie ne vend pas d'alcool entre 22 heures et 8 heures. Quelques tables pour boire sur place ou un verre servi au comptoir font changer de régime : voyez licence à emporter ou licence sur place.

Un piège propre aux commerces de quartier : l'article L. 3322-9 interdit de vendre à crédit, au détail, les boissons alcooliques des 3e, 4e et 5e groupes. L'ardoise des habitués ne peut donc pas inclure le vin ni la bière.

Les horaires de vente

Le code de la santé publique ne fixe pas d'heure de fermeture nationale pour une épicerie, mais il encadre la vente d'alcool :

Selon la même réponse ministérielle, le manquement à un arrêté municipal peut être sanctionné par une amende administrative allant jusqu'à 500 euros, ou par une contravention.

Astuce. Avant de signer le bail, demandez en mairie quels arrêtés s'appliquent à l'adresse : une plage d'interdiction de la vente d'alcool peut peser sur le chiffre d'affaires du soir.

Les mineurs et l'affichage

L'article L. 3342-1 interdit de vendre des boissons alcooliques à des mineurs, et aussi de leur en offrir. La personne qui délivre la boisson doit exiger la preuve de la majorité : demandez une pièce d'identité au moindre doute, et refusez la vente sans preuve. La sanction est de 7 500 euros d'amende, avec un maximum doublé en cas de récidive dans les cinq ans et jusqu'à un an d'interdiction d'exercer les droits attachés à la licence (article L. 3353-3). Chaque personne qui tient la caisse doit connaître la règle.

L'article L. 3342-4 impose une affiche rappelant ces règles, avec un modèle propre aux débits à emporter. L'arrêté du 17 octobre 2016 en fixe les conditions :

S'y ajoutent les éthylotests. L'article L. 3341-4 oblige les débits à emporter à en proposer à la vente, et l'arrêté du 30 mars 2021 précise : au moins 10 éthylotests chimiques, 25 si le linéaire d'alcool dépasse 20 mètres, placés près du principal étalage d'alcool, avec un support d'information près de chaque étalage.

Épicerie fine et supérette

L'épicerie fine suit les mêmes règles. Elle vend souvent du cognac, de l'armagnac ou du whisky, ce qui impose la licence à emporter. Faire goûter un vin ou une liqueur avant l'achat reste permis : la dégustation gratuite en vue de la vente est exceptée de l'interdiction de l'article L. 3322-9. Faire payer le verre ou servir à une table, c'est vendre à consommer sur place, avec une licence de débit sur place ou une licence restaurant, et le permis d'exploitation. La page caviste détaille ce point.

La supérette prend presque toujours la licence à emporter, puisqu'elle propose des spiritueux. Sa vigilance tient au volume : au-delà de 20 mètres de linéaire d'alcool, 25 éthylotests au moins ; une affiche à chaque caisse ; des caissiers formés à refuser une vente. Si elle ouvre tard, l'alcool ne peut plus être vendu après 22 heures sans la formation de l'article L. 3331-4.

Pour comparer toutes les licences, consultez le tableau des licences ; pour les sanctions, la page infractions et amendes.

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Références officielles

Les règles citées sur cette page reposent sur les textes suivants, à consulter sur Légifrance.

Questions fréquentes

Quelle licence pour une épicerie qui vend de l'alcool ?

La petite licence à emporter pour le vin, la bière et le cidre ; la licence à emporter si vous vendez aussi des spiritueux.

Faut-il un permis d'exploitation pour ouvrir une épicerie ?

Non, tant que vous ne vendez pas d'alcool entre 22 heures et 8 heures. La déclaration en mairie suffit.

Où placer l'affiche sur la vente d'alcool aux mineurs ?

Près des rayons d'alcool en format A4 au moins, et à chaque caisse en format A5 au moins, selon le modèle des débits à emporter.

Une épicerie doit-elle vendre des éthylotests ?

Oui : au moins 10, ou 25 si son linéaire d'alcool dépasse 20 mètres, près du principal étalage d'alcool.

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